General Electric – Lettre des élus FI

La France Insoumise
Les députés membres de la France Insoumise
Les conseillers régionaux Auvergne-Rhône-Alpes membres de la France Insoumise
1 Esplanade François Mitterrand
69002 Lyon

A l’attention du Président de la République, Emmanuel Macron, et du Président du Conseil Régional d’Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez

A Grenoble le 11/09/2017

Le 4 juillet dernier, la direction de General Electric annonçait un plan social supprimant 345 emplois sur 800 sur le site de Grenoble. En plus de son impact social et humain, ce « PSE », s’il est appliqué, menace à terme le maintien du site ainsi que l’ensemble du secteur hydraulique en France et toucherait plus de 400 sous-traitants. Tous les postes sont concernés, de l’ouvrier au technicien en passant par l’ingénieur et le chercheur. Le « laboratoire d’excellence » ne sera plus là.

Pourtant il s’agit d’un fleuron de l’industrie française reconnu à l’échelle mondiale dans l’hydraulique. Un secteur clé de notre industrie et de sa nécessaire transition au vu des enjeux climatiques. Il y a donc un intérêt national et général à sauver ces emplois, ce savoir-faire industriel et donc ce site qui fête cette année ses 100 ans d’existence.

L’Etat peut et doit agir. Il est en effet actionnaire à 30% grâce à ses actions d’Alstom et a par conséquent le pouvoir de bloquer le PSE et d’obliger la direction du géant américain à revenir sur cette décision. D’autant plus que lors de la fusion de General Electric avec Asltom en 2015, opérée par le ministre de l’économie de l’époque, Emmanuel Macron, General Electric s’était engagé à ne pas licencier et même à créer plus de 1000 postes !

De plus, le site de Grenoble a touché en 2016 la somme de 3,5 millions d’euros (et 4,5 millions en 2015) en provenance du crédit impôt recherche, donc de l’argent public. Auxquels il convient d’ajouter au titre du CICE, 684000 et 657000 euros ces mêmes années.

Au vu de l’argent public investi sur ce site pour la recherche, il est hors de question que tout parte en fumée sur une décision de la direction de Général Electric qui n’est pas fondée économiquement : le site est viable et le carnet de commande est rempli pour plusieurs années.

En conséquence, l’Etat doit intervenir comme actionnaire de l’entreprise en utilisant son pouvoir pour bloquer le PSE. L’Etat est aussi client de General Electric Grenoble, à travers EDF notamment, il peut donc commander des turbines hydrauliques notamment pour rénover et sécuriser nos barrages. Nos centrales sont vieillissantes et auraient besoin d’être rénovées. Par le biais d’une politique ambitieuse sur le plan de l’écologie et de la transition énergétique, l’Etat peut aider au développement de cette filière et donc la sauvegarder.

Pour rappel dans les accords de Paris sur le climat dont la France est signataire, il est mentionné que l’énergie hydraulique doit être la première source d’énergie renouvelable à l’horizon de 2040. Comme pour STX, le gouvernement peut nationaliser temporairement voire durablement le site au vu des enjeux cités. Il en va de nos emplois, d’une industrie d’avenir et de notre savoir-faire.

L’Etat peut donc agir, mais la région le peut aussi : avec la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) elle a la compétence exclusive en matière d’économie. Elle aussi a un intérêt public et des leviers pour conserver 345 emplois et 400 sous-traitants menacés dans le bassin grenoblois. Elle peut aussi investir dans l’hydraulique : dans la région il y a de nombreux barrages.

C’est une question de volonté politique.

Nous, conseillers régionaux Insoumis d’Auvergne-Rhône-Alpes, et députés de La France Insoumise, demandons à l’Etat et à la Région Auvergne-Rhône-Alpes de prendre leurs responsabilités et d’agir pour sauver le site de General Electric Grenoble et les 345 emplois afférents.

Députés de la France Insoumise : Ugo Bernalicis , Éric Coquerel , Alexis Corbière , Adrien Quatennens, Michel Larive , Bastien Lachaud, Jean-Luc Mélenchon, Muriel Ressiguier, Clémentine Autain, Caroline Fiat, Bénédicte Taurine, François Ruffin, Mathilde Panot, Danièle Obono, Loïc Prud’homme, Jean-Hugues Ratenon, Sabine Rubin

Conseillers régionaux Auvergne-Rhône-Alpes : Emilie Marche, Corinne Morel-Darleux, Fabienne Grebert, Andréa Kotarac

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