PLFSS2018 : quand les intérêts privés font la loi

C’est le leitmotiv du gouvernent Macron et malheureusement le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018 dit PLFSS n’y échappe pas. La doctrine d’Ambroise Croizat « chacun paie selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » vient d’être mise en cause par la politique de Macron. De surcroit avec une qualité de soin moindre avec les soins ambulatoires, concrètement, vous êtes opéré le matin et le soir à la maison. Rentabilité, flexibilité… Comme si c’était le rôle et l’objectif d’un hôpital, comme si une personne qui a subi une opération n’aurait pas besoin d’être suivie par un médecin. Telle est la modernisation prônée par la macronie triomphante alors que dans les faits, nous reculons une fois encore sur les plus grandes conquêtes sociales des français. Macron revient même sur un des rares points positifs du quinquennat d’Hollande, la généralisation du tiers payant. Olivier Véran, rapporteur de l’actuel PLFSS et député de l’Isère était pourtant un fervent défenseur du tiers payant en 2014 quand il remplaçait Genevière Fioraso à l’Assemblée Nationale !   

A contrario, le gouvernement préfère réhabiliter les idées les plus nauséabondes de l’ère Sarkozy en stigmatisant les pauvres, plaidant pour l’envoi d’une amende aux « fraudeurs » de la Sécurité sociale. Sur cette chasse aux fraudeurs, le gouvernement pratique la géométrie variable car tout est fait pour stigmatiser le chômeur, le précaire, l’allocataire des minima sociaux mais est bien tiède lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux fraudeurs du fisc et aux évadés fiscaux qui coûtent chaque année plus de 21 milliards au financement de la sécu. C’est tout simplement 30 fois plus que ce que coûtent les « fraudeurs » aux prestations sociales ! Avec Macron, la lutte des classes bat son plein, et la sienne, c’est clairement la classe des riches. Olivier Véran se retrouve sans peine dans cette politique, lui qui réside à Corenc, commune comptant le plus de contribuables assujettis à l’ISF (tout du moins jusqu’à ce que le gouvernement ne le vide de sa substance, là encore aux frais de l’Etat à hauteur de 4,7 milliards d’euros). 

A la France Insoumise nous estimons au contraire que nous devons en premier lieu aller chercher l’argent là où il est : chez les évadés fiscaux qui volent au peuple français plusieurs milliards d’euros depuis des décennies quand les salariés des classes moyennes et populaires contribuent, eux, à la solidarité nationale sans possibilité de s’y soustraire. Pour cela nous proposons l’impôt différentiel : chaque français est redevable devant l’impôt là où il habite, y compris à l’étranger. Les députés ont proposé un amendement allant dans ce sens lors du projet de la loi de finance qui a été refusé. Il en va de même pour le PLFSS où plus une soixantaine d’amendements ont été rejetés par les députés LREM. Ces amendements reprenaient les idées de l’Avenir En Commun notamment avec une sécurité sociale intégrale tel que souhaitée par son créateur Ambroise Croizat et la création du pôle public du médicament. Avec ce PLFSS on en est loin du compte car c’est un pas de plus vers la privatisation de notre modèle de sécu que le monde nous envie qui est en train d’être opéré par le gouvernement Macron. Le gouvernement retire du salaire socialisé (salaire avec les cotisations sociales) ces cotisations sociales qui permettent de financer cette sécurité sociale et opte pour l’augmentation de la CSG, injuste car elle n’est pas progressive comme les cotisations sociales.   

Dans le même temps, Olivier Veran affirme que le remboursement des prothèses dentaires, auditives ou des lunettes ne doivent pas faire partie des dépenses de sécurité sociale. Ah bon ? Avoir toutes ses dents, y voir clair et bien entendre serait donc devenu un luxe dans la France de Macron ? 

Ces économies de bouts de ficelle sur fond de stigmatisation des plus démunis, nécessairement « fainéants » puisque pauvres dans la logique macronienne, interviennent alors que le gouvernement joue avec les milliards en instituant la Flat tax ou Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), qui réforme l’impôt sur les revenus du patrimoine dans un sens, une fois n’est pas coutume, très favorable aux plus riches. Désormais grâce à Macron, les dividendes ne seront plus soumis à l’impôt sur le revenu mais seront plafonnés au PFU, c’est le bouclier social de Sarkozy mais en mode plus libérale. Hors cette flat tax pourrait coûter 10 milliards à l’Etat. Relancé à plusieurs reprises par les députés FI Hugo Bernalicis et François Ruffin, le ministre des Finances et des comptes publics Gerald Darmanin s’est montré incapable d’apporter une réponse. On parle tout-de-même de dix milliards ! De quoi revenir sur la mesquine baisse des APL par exemple. 

 

Rédigé par Emilie et Alan